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Quelles différences y a-t-il entre les Anciens Devoirs et les Landmarks ?


The Old Charges. - Ce sont les Anciens Devoirs, Anciens Règlements, Anciennes Obligations et Coutumes, énoncés et détaillés dans une centaine de manuscrits s’étalant de la fin du XIVe siècle aux premières décennies du XVIIIe. Dans le meilleur des cas on relève l’existence de 113 Old Char­ges, et la disparition de 14 textes dûment recensés. 

Il s’agit de textes manuscrits rédi­gés, en anglais, à l’intention des tailleurs de pierre et des maçons de pose. Ils sont généralement composés d’une évocation des sept Sciences libérales, d’une partie historique du Métier, de règlements généraux et particuliers destinés aux maîtres, aux compagnons et aux apprentis, et pour les derniers d’un « catéchisme » composé de questions et de réponses.

Trois textes imprimés viennent souvent compléter les Anciens Devoirs manuscrits : Les Anciennes Cons­titutions de Roberts (1722), Les Constitutions de Ja­mes Anderson (1723) et La Maçonnerie disséquée de Samuel Prichard (1730). Parmi les Anciens Devoirs (manuscrits) les plus connus figurent notamment :

- Le manuscrit Regius (1390),

- Le manuscrit Cooke (1410),

- Le manuscrit Watson (1535),

- Le manuscrit d’York (1607),

- Le manuscrit Inigo Jones (1607),

- Le manuscrit Sloane n°3329 (1700),

- Le manuscrit Dumfries n°4 (1710).

Examinés, étudiés, décryptés par de nombreux spécialistes, les Anciens Devoirs ont été classés en raison de filiations et d’analogies en quelques grandes famil­les : Cooke (3 textes), Plot (6), Tew (9) Grand Lodge (53), Sloane (21), Roberts (6) ; le Regius, texte bien particulier, n’appartenant à aucune d’entre elles. Ne sont pas Anciens Devoirs, ou du moins considérés comme tels, les Statuts des maîtres du mur et de la charpente de Bologne (1248), des maçons de Ratisbonne et de Strasbourg (1459, 1563), de Bernard Schaw (1598,1598). Simple problème d’origine territoriale ; dans l’esprit des chercheurs et exégètes maçonniques britanniques, les Anciens Devoirs doivent être anglais, ou à tout le moins de langue anglaise.

Aucun des Anciens Devoirs ne porte de signature particulière ; on ne peut donc savoir qui en est l’auteur, à tout le moins de copiste. Mais leur structure, leur façon de présenter les Sciences libérales, de rendre mythique et morale l’histoire du Métier, leur insistance sur les obligations à observer de la part des œuvriers, leur vocabulaire et leur orthographe, enfin, laissent à penser qu’ils ont été écrits par des clercs.

The Landmarks. - Ce sont comme le terme anglais l’indique : des repères, des jalons, des bornes ; ou plus précisément, en matière de Franc-Maçonnerie, des Règles. Les huit principes qu’a dressés la Grande Loge Unie d’Angleterre en 1929, spécifiant que ne peuvent être francs-maçons que des hommes, que ceux-ci doivent croire en un Être suprême, qu’ils doivent prêter leurs obligations sur le Volume de la loi sacrée, que trois grandes lumières doivent éclairer les travaux de loge, sont à n’en point douter des Landmarks – qui ne sauraient être remis en question.

Auteur maçonnique à succès du XIXe siècle, Albert Mackey a publié dans l’un de ses livres une liste de vingt-cinq landmarks, qui n’ont, toutefois, jamais été adoptés universellement dans leur totalité. Car chaque ordre, chaque obédience maçonnique se targue d’avoir et d’appliquer ses propres landmarks. Ainsi, si l’on ob­serve les landmarks américains, il y en a sept à la Grande Loge d’Iowa, trente-neuf à celle du Nevada, quand la Grande Loge des Maçons libres et acceptés du Kentucky en possède cinquante-quatre. Sont, quoi qu’il en soit, universellement reconnus ces quelques landmarks :

- La foi en un Dieu révélé,

- La division de la Franc-Maçonnerie en trois grades,

- La seule initiation des hommes,

- La régularité de l’initiation,

- Les obligations prêtées sur le Livre de la Loi sacrée,

- La présence des trois grandes lumières dans le temple,

- L’obéissance aux lois et règlements du Métier,

- La pratique de la fraternité et de la bienfaisance,

-Sans oublier l’immuabilité et l’inchangeabilité des Landmarks eux-mêmes.

A la source des landmarks se trouve ce psaume (22:28) de la Bible, ou Volume de la Loi sacrée : « Ne déplace pas la borne ancienne que tes pères ont posée ».


• Voir : Les statuts de la Grande Loge Unie d’Angleterre. A Text Book of Masonic Jurisprudence (Albert G. Mackey, 1872).

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