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Pourquoi mettre bas la calotte ?


Il est d’évidence que tout au long du XIXe siècle, ainsi que dans les toute premières années du XXe, les francs-maçons de France et les dignitaires catholiques se sont affrontés avec violence. Les premiers prônaient la liberté de pensée et l’égalité des droits ; les autres défendaient l’ordre, la tradition et le pouvoir – que celui-ci fût royal ou impérial. Les lois sur la liberté d’association (1901) ainsi que sur la séparation de l’Église et de l’État (1905) marquèrent la victoire des uns sur les autres.

Dans les loges du Grand Orient de France, on prit alors l’habitude, après avoir promis de respecter la Loi du silence, de s’exclamer dans le temple : « Vive la République, à bas la Calotte ! »

S’il n’apparaît pas utile de définir la République, égalitaire, sociale et laïque chère aux francs-maçons,  pour beaucoup radicaux et socialistes à l’époque, la calotte mérite ici quelques explications techniques. 

La calotte était, au XIXe siècle, avec sa forme de kippa juive, le couvre chef officiel des ecclésiastiques de l’Église catholique ; blanc pour le pape, pourpre pour les cardinaux, violet pour les évêques, enfin noir pour le bas clergé. Mettre bas la calotte c’était, pour les francs-maçons, mettre fin à l’emprise du religieux sur l’homme. 

Mais le temps a passé. La Franc-Maçonnerie a augmenté le nombre de ses adeptes, tandis que l’Église perdait ses fidèles. Il n’est plus besoin, de nos jours, de s’en prendre à la calotte des curés. S’il demeure un danger religieux en ce bas monde, il n’est plus d’essence papale, catholique ou chrétienne.

- Pour information : Le Petit Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie (Guy Chassagnard, Éditions Alphée - Jean-Paul Bertrand, 2005).


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